10 juin 2007

Lobbying européen – L'historicité du lobbying européen


Voici le second article consacré au dernier ouvrage de Daniel Guéguen, intitulé Lobbying européen, publié aux éditions Europolitique, « Guide pratique ». Daniel Guéguen est le fondateur et dirigeant de Clan Public Affairs (Groupe ESL & Network).

Cet ouvrage, écrit par un professionnel des affaires publiques, offre en effet un véritable panorama du lobbying au sein de l’Union européenne, décrivant très précisément les évolutions historiques, structures et méthodes de lobbying mises en œuvre au sein de la capitale de l’Europe, Bruxelles. Il permet en outre de produire une analyse comparée des pratiques culturelles du lobbying à Paris et Bruxelles. Il a été choisi pour sa grande praticité, la clarté et la simplicité de son énonciation.

Voici la liste des autres articles prévus :

Qu’est-ce que l’historicité ? L’historicité définit l’essence historique d’une chose. Aussi, le lobbying européen possède lui aussi une forme d’historicité. En perpétuelle mutation, le lobbying accompagne la construction de l’Union européenne, épouse ses étapes et s’adapte aux évolutions institutionnelles.

  1. Au début de la construction européenne (1957-1970, marquée par une haute activité législative et réglementaire ainsi que l'invention de la PAC, « chacun l'admet, la PAC et ses règlements d'application ont été conçu "main dans la main" entre officiels et professionnels », explique Daniel Guéguen. C’est ce qu’il appelle le « lobbying fusionnel », à savoir l’indissociation entre le législateur et le bénéficiaire.
  2. Seconde étape, coïncidant avec les années 1971-1987, les « années noires où la construction européenne s'essouffle », l'Europe est en panne, les activités de lobbying se décentrent en direction des conférences internationales (gestion des relations Nord-Sud avec la Convention de Lomé, les rounds de négociations du GATT, l'ancêtre de l'OMC). Une nouvelle race de lobbyistes émerge, les « diplomates » ou « lobbyistes internationales »
  3. La troisième étape, de 1988 à 2005, consacre l’avènement du « lobbying stratégique ». Elle coïncide avec la relance de l’Europe par Jacques Delors, alors Président de la Commission européenne. De nombreuses associations quittent Paris pour Bruxelles, le nombre des lobbyistes explose, la CIAA (Confédération des industries agro-alimentaires) associée aux travaux de la Commission et mettant tout son poids dans la bataille, devient un acteur incontournable du Marché Unique.
  4. La quatrième étape, si l’on s’en réfère à Daniel Guéguen, consacrerait le « lobbying transversal ». L’élargissement de l’Union européenne et la réceptivité croissante de ces institutions à l’égard de la société imposerait en effet un nouveau type de lobbying, dit « transversal », susceptible de fédérer autour de soi, de l’amont vers l’aval, du producteur au consommateur. Progressivement, le lobbying sectoriel cède la place à un lobbying organisé tout au long d’une chaîne de valeur. D’opposant qu’il est le plus souvent, le lobbyiste doit se positionner comme « partenaire ». Cette quatrième étape fera d’ailleurs l’objet du prochain article.
L’approche historique de Daniel Guéguen, qui revisite en quelques sortes l’histoire la construction européenne au travers du lobbying, permet de mieux cerner l’essence du lobbying, par-delà les définitions parfois trop restrictives qui se concentre trop sur l’aspect éthique ou légaliste.

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