9 avril 2007

Focus sur le lobby turc en France (3) - Le travail turc de relations publiques et de lobbying en France

Cet article est le troisième du cycle de cinq articles consacré au lobbying turc en France.

Voici la liste des articles prévus :


Rappel : le déficit d’image de la Turquie et l’opinion française



La Turquie accuse un déficit d’image auprès de l’opinion française, ce qu’un chercheur appelle le syndrome « Midnight Express ». Ce déficit d’image se manifeste entre autres par le refus d’une possible adhésion de la Turquie à l’Union européenne. Ainsi, 75,3 % des Français voteraient à l’occasion d’un référendum contre l’adhésion de la Turquie, selon un sondage de l’institut Louis Harris pour AOL iTélé et Libération réalisé au surlendemain du feu vert donné par la Commission de Bruxelles à l’ouverture de négociations d’adhésion avec Ankara[1].

Perception management et gestion de l’image



La communauté turque implantée en France est très active, et ce notamment sur le Web, afin de modifier la perception de la Turquie auprès de l’opinion française. Il est possible d’identifier trois types d’acteurs :

  1. Les associations communautaires turques « neutres » responsables de la communication avec les pouvoirs publics
  2. Les associations turques participant à un travail de relations publiques visant à embellir l’image de la Turquie auprès de l’opinion française
  3. Les associations turques exerçant un travail classique de lobbying (de la publication du « position paper » aux opérations d’influence)


Il existe ainsi une myriade d’associations turques « neutres » organisé en réseau contribuant à embellir l’image de la Turquie en France :

  • Conseil Français des Associations Immigrées de Turquie (CFAIT) : association fédérant la grande majorité des associations turcophones ; organe consultatif de l’Etat français
  • Migrations et Cultures de Turquie (ELELE) : association menant depuis 1984 des actions favorisant l'intégration des personnes originaires de Turquie
  • Association Étudiante Franco-Turque (AEFT) : association étudiante favorisant l’intégration des jeunes turcs aux niveaux scolaire et professionnel

La principale association turcophone se livrant à un travail de relations publiques est la suivante :

  • Bleu Blanc Turque : association réalisé par des binationaux, des amoureux de la France et de la Turquie

Les associations turcophones faisant clairement du lobbying pour l’entrée de la Turquie dans l’UE sont les suivantes :


  • Turquie européenne (dont le nom de domaine vient d’être racheté par la compagnie Namecheap) : « L’objet de l’association est de promouvoir par tous moyens l’entrée de la République de Turquie dans l’Union Européenne »
  • Ataturquie : en vogue depuis 1989, s’attachant à faire le lien entre les deux cultures et cela au service de l’intégration de la Turquie dans l’UE

Certaines associations turques se livrent à un travail de relations publiques et de cyber-lobbying :

  • Tête de Turc : vitrine Web issu d’un groupe citoyen franco-turc visant à déconstruire les préjugés turcophobes et redorer l’image de la Turquie dans l’opinion publique
  • Turkish Forum : «This is a non-profit site aiming to promote better understanding of today’s Turkish Republic as well as shedding light on Turkish history. Detailed documents and explanatory information is provided to better enlighten the public opinion on the realities of the world with regards to Turks »


Le rôle des agences promotionnelles turques



Les agences promotionnelles torques, autant que le tourisme en lui-même contribuent à une amélioration, une reconstruction de l’image de la Turquie ; Istanbul, Izmir, Antalaya, des noms associés à des lieux paradisiaques, en contraste avec l’image des geôles sombres d’Istanbul. Aussi, l’activité touristique est en véritable explosion 699 418 visiteurs en janvier 2005 (tous pays confondus), soit une augmentation de plus de 31,05% par rapport à janvier 2004 et, 20 441 visiteurs français, soit une progression de plus 52,70 % par rapport à janvier 2004.[2]

Aussi, une simple requête « Turquie » sur le moteur de recherche Google.fr permet de vérifier l’exercice d’un contrôle sémantique : ce sont bien les agences promotionnelles qui arrivent en tête des résultats, une assise confortée par l’achat d’ « adwords » (liens commerciaux).

[1] Selon un sondage Louis Harris – Libération, réalisé auprès d’un échantillon représentatif de 893 personnes, les 8 et le 9 octobre 2005.
[2]ABIG. Site du Groupe de Communication Union Européenne, [En ligne]. (page consultée le 16 novembre 2005).

4 commentaires:

Hugues d'Antin a dit…

Bonjour
Un autre type de lobbying, un peu moins subtil, consiste à envoyer aux députés des spams véhéments et en général très mal traduits sur le fait que les députés français n'ont pas à légiférer sur la question du génocide arménien.
La fréquence de ce genre d'envoi montre la mobilisation de certains groupes de pression turcs...

IE-Lobbying a dit…

Si ces spams sont mal traduits, c'est qu'ils proviennent directement de Turquie ? Tu pourrais me communiquer le noms de groupes d'intérêt mobilisés ?

Hugues d'Antin a dit…

Ce ne sont pas des groupes d'interet identifiés comme tels mais plutot des mails "personnels". Les émetteurs de ces messages sont des particuliers et aucune organisation n'apparait, d'après ce que j'en ai vu.

ccft a dit…

bonjour,

votre article sur le lobbying est à modérer.
Je vous signale qu il y a une chambre de commerce franco turque en france qui existe depuis 34 ans qui fait du lobbying économique pour développer et renforcer les échanges commerciaux entre les deux pays. www.cci-france-turquie.com
Vous indiquez par ailleurs qu il y a une association des etudiants franco turcs.
Il faudrait, avant de parler de lobbying, regarder leur chaps d'action, et encourager ces étudiants à se rassembler, à notre connaissance , elle n'a pas de vocation de lobbyiste .