23 mars 2007

Organisation du quatrième colloque de l'Ecole de guerre économique, "Le choc des puissances"

« Le siècle naissant est marqué par l'affirmation des stratégies de puissance. A ce jour, la mondialisation engendre davantage de menaces que de promesses concrètes. C'est pourquoi les Etats développent des politiques de puissance pour maintenir une position dominante ou pour demeurer compétitifs sur la scène internationale »


Le quatrième colloque de l'Ecole de Guerre Economique, qui aura lieu le 13 avril 2007, souligne les antagonismes géostratégiques contemporains. Il a un objectif, définir les contours du nouveau paradigme des relations internationales : le choc des puissances.Le programme de ce colloque est centré sur la notion de puissance. A vocation internationale, et pour l'échange des cultures, il propose en outre d'étudier les visions américaines, russes, chinoises et européennes de la puissances. Parmis les intervenants de ce colloque, on compte bien entendu Christian Harbulot, directeur de l'Ecole de guerre économique, mais aussi Christophe Réveillard, Francizek Draus (Allemagne), Cameron Kerry (Etats-Unis), Général Carlo Jean (Italie) et Christopher Menk. Ce colloque participe en quelques sortes du développement "idéologique" de l'Ecole puisqu'il sous-tend une vision agonistique de la mondialisation et l'existence d'une guerre économique.
Car qu’est-ce que la mondialisation ? D’un point de vue systémique, la mondialisation désigne le processus d’interdépendance croissante des systèmes politiques, économiques et culturels. Reste à définir la nature de cette interdépendance. Deux conceptions semblent prédominer [1]: la conception unitaire de la mondialisation évoque la notion d’un monde uni formant un village planétaire intégré et pacifié [2], une tour de Babel en même temps qu’une Arcadie [3] dans laquelle l’Europe du marché semble s’insérer sans difficulté. A cette conception proche de l’idéologie mondialiste s’oppose la conception d’une mondialisation plurielle et conflictuelle, vecteur d’une « guerre économique » souterraine entre les puissances et dont Bernard Esambert [4] et Christian Harbulot [5] sont les principaux tenants français. Cette seconde dimension de la mondialisation nous éclaire entre autres sur les faiblesses d’une Europe politique « inactuelle », trop vulnérable et incapable de se positionner sur l’ « échiquier invisible des puissances ».


[1] DOLLFUS, Olivier, GRATALOUP, Christian, LEVY, Jacques, « Le monde : pluriel et singulier », in Mondialisation : les mots et les choses, Editions Karthala, 1999.

[2] FUKUYAMA, Francis, La fin de l'histoire et le dernier homme, Paris, Flammarion, 1992.

[3] KANT, Emmanuel, Projet de paix perpétuel, Mille et une nuits, La Petite Collection (2001), 1795

[4] ESAMBERT, Bernard, La guerre économique mondiale, Olivier Orban, Orban, 1992

[5] HARBULOT, Christian, La main invisible des puissances. Les Européens face à la guerre économique, Ellipses, 2005

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