13 février 2007

Défense et illustration de la langue française en Europe

Un groupe réunissant des personnalités de haut vol mène une campagne pour établir le français en tant que langue juridique de référence de l'Union européenne. Cet article est en partie inspirée d'un article anglais publié sur EurActiv.com.

Une campagne militant pour l’institutionnalisation de la langue française comme langue de référence au point de vue juridique vient tout juste d’être lancée, avec comme principal promoteur le Comité pour la langue du droit européen (CPLDE), arguant que la langue française est la plus précise et rigoureuse des langues européennes.

Rappelons aussi que sur les vingt-trois langues officielles de l’UE, le Français constitue une des trois langues utilisée obligatoirement par les institutions de l’Union avec l’Anglais et l’Allemand. Un des arguments majeurs de cette coalition franco-française est que la langue française est la langue privilégiée par la Court européenne de justice en charge de l’application du droit communautaire. En effet, non seulement les verdicts mais aussi les documents procéduraux sont écrits en langue française.

La CPLDE, réunie autour de Nicole Fontaine, ancienne présidente du Parlement européen, inclut également l’ancien Premier ministre roumain Adrian Nastase, le député européen polonais Bronislaw Geremek et Antoinette Spaak, la fille de l’ancien ministre belge des affaires étrangères et père fondateur de l’Europe, Paul-Henri Spaak.

On ne s’étonnera donc pas que le fondateur de ce comité soit Maurice Druon de l’Académie française, dont la mission officielle est de « veiller sur la langue française et accomplir des actes de mécénat ». Non content d’être le « greffier du bon usage » de notre langue, via la participation exclusive à la Commission générale de terminologie et de néologie, l’Académie française constitue un élément majeur de l’influence française à l’étranger. Ajoutons que la mission de la CPLDE se rapproche historiquement de celle de l’Alliance française, « Association nationale pour la propagation de la langue française dans les colonies et à l’étranger » (1883), créée sous l’égide de l’ambassadeur Paul Cambon et de Pierre Foncin,

Mais comment expliquer cette récente levée de bouclier ? Au-delà d’une hypothétique stratégie de puissance, l’hypothèse la plus vraisemblable semble être les conséquences de la ratification du London agreement, accord multilatéral visant à réduire le coût de délivrance des brevets européens accordés par l’Office européen des brevets. Ces derniers doivent être traduits dans la langue de chaque Etat-membre pour être valides, ce qui démultiplie évidement les coûts de traduction. Aussi, le London agreement projette de réduire la traduction des brevets européens aux langues française, allemande ou anglaise, ce qui constituerait un manque à gagner pour les traducteurs français, groupe d’intérêt très puissant en France.

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