11 septembre 2006

L'arbre du lobbying

Sur le modèle de l’ « arbre de la connaissance » de René Descartes, il est possible d’élaborer un arbre du lobbying. René Descartes écrit effectivement :

« Toute la philosophie est comme un arbre, dont les racines font la métaphysique, le tronc est la physique, et les branches qui sortent de ce tronc sont toutes les autres sciences qui se réduisent à trois principales, à savoir la médecine, la mécanique et la morale, j'entends la plus haute et la plus parfaite morale, qui, présupposant une entière connaissance des autres sciences, est el dernier degré de la sagesse. Or comme ce n'est pas des racines, ni du tronc des arbres, qu'on cueille les fruits, mais seulement des extrémités de leurs branches, ainsi la principale utilité de la philosophie dépend de celles de ses parties qu'on ne peut apprendre que les dernières » (in DESCARTES, René, Principes de la philosophie, Vrin, p.42).

Parallèlement, l’activité de lobbying pourrait être définie analogiquement comme un arbre dont les racines sont la veille et l’intelligence économique, les relations presse et l’événementiel le tronc et les multiples branches, le lobbying en tant que tel auprès d’une multiplicité de cibles (politiques, fonctionnaires, entreprises, etc.). Cette compréhension finaliste du lobbying démontre ici les connexions nécessaires entre deux activités pourtant clairement séparées dans le jargon de la profession : l’intelligence économique et le lobbying. En effet, si l’on conçoit l’activité de lobbying comme processus, il recoupe nécessairement ces quatre activités dans l’ordre suivant…

1. Veille stratégique et intelligence économique
La connaissance précède l’action. Toute démarche de lobbying commence d’abord par une recherche approfondie de l’information et des sources d’information. La veille stratégique peut être définit comme un processus informationnel volontariste par lequel une organisation ou entreprise recherche des informations à caractère anticipatif concernant l’évolution de son environnement légale, économique et sociétale dans le but de se créer des opportunités et de réduire ses risques liés à l’incertitude. L’expression « veille stratégique » est une expression générique qui englobe plusieurs types de veilles spécifiques telles que la veille commerciale, la veille concurrentielle, la veille technologique ou la veille juridique.
La veille stratégique ne représente elle-même que la première phase d’une démarche d’intelligence économique qui analyse et synthétise l’information recueillie. L’étape suivante est la diffusion stratégique de l’information.

2. Relations presse
Les relations presses définissent ici la communication publique entre une organisation et son environnement (institutions, organisations, entreprises, journalistes, académiques et grand public). Cela va des communiqués de presse, des analyses publiées en lignes, les entretiens en ligne avec les journalistes et autres.

3. Evénementiel
Par le terme d’événementiel, j’entends une branche spécifique des relations publiques à savoir l’organisation ou la participation à des événements spécifiques dans un objectif de communication et de lobbying.

4. Lobbying « pur ».
Si le lobbying est d’abord un processus complexe incorporant diverses phases, il définit en tant que tel, pour parler comme Aristote, l’acte d’influencer un décideur public en faveur d’intérêts particuliers.

A la base donc, une démarche de recueille, d’analyse et de traitement de l’information, qui aboutit à la rédaction de communiqués de presse précisant la position de l’organisation. La recherche d’information passe aussi par la visite des salons, et là commence aussi la démarche de lobbying, qui aboutit finalement à une série d’entretiens plus ou moins officieux avec des députés parlementaires et finalement la rédaction d’amendements.

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